Études de communication : Dossier thématique n° 60 « Nouveaux ancrages de la veille en sciences de l’information et de la communication »

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Date limite de soumission

Appel à articles

Dossier coordonné par Audrey Knauf (CREM, Université de Lorraine), Stéphane Goria (CREM, Université de Lorraine) et Stéphane Chaudiron (GERiiCO, Université de Lille)

Depuis la fin des années 50, la veille, qu’elle soit documentaire, informationnelle ou stratégique, fait l’objet de nombreuses recherches à l’échelle nationale comme internationale. Après les travaux pionniers, d’origine essentiellement anglo-saxonne et relevant de diverses approches, issues des sciences économiques, du marketing ou de la gestion des entreprises (dont Luhn, 1958 ; Alden et al., 1959 ; Guyton, 1962 ; Albaum, 1964 ; Cassady, 1964), puis de quelques travaux l’abordant du point de vue des sciences de l’information et de la documentation (dont Connor, 1967 ; Swanson et Culnan, 1978), la veille devient un objet de recherche important dès les années 1970 dont se saisissent les chercheurs français (par exemple Bourcier-Desjardins et al., 1990). C’est ainsi que, tant en sciences économiques qu’en gestion, la veille et ses spécificités ont commencé à être étudiées et formalisées en France par de nombreux auteurs (dont Martinet et Silem, 1981 ; Lesca, 1983 ; Saporta, 1987 ; Martinet et Ribault, 1988). Peu après, des chercheurs en sciences de l’information et de la communication (dont Dou et Hassanaly, 1982 ; Bayen, 1985 ; Gayon, 1989 ; Maire, 1989 ; Quoniam, 1991) s’emparent de cet objet de recherche en l’abordant par le biais de l’information scientifique et technique, de la veille technologique et de ses aspects documentaires et bibliométriques.

Ces recherches ont ainsi préparé à la mise en évidence et à la définition de l’intelligence économique comme objet de recherche dès le milieu des années 1990. Si l’apport spécifique des sciences de l’information et de la communication y a été important, avec un positionnement permettant d’y apporter un éclairage supplémentaire (Couzinet, 2005), cette nouvelle notion a aussi engendré de très nombreux débats (Blanc, 2008) passant ainsi au second plan les recherches sur la veille, limitant souvent son étude à l’évolution de certains de ses aspects techniques. Pourtant, la veille a toujours été pratiquée et n’a pas cessé d’évoluer au fil des années. Elle s’est adaptée aux différents développements technologiques, organisationnels et communicationnels qui ont changé la relation entre l’information et l’usager et ont donné lieu à des spécialisations (veille collaborative, veille collective, veille de e-reputation, etc.). Plus récemment, de nouvelles pratiques de veille se sont affirmées : certaines portent sur la manière d’appréhender la résolution de problèmes en mobilisant un grand nombre de personnes (crowdfunding, crowdsourcing, crowdstorming, etc.) (Rouzé et Matthews, 2018) ; d’autres sont propres à l’organisation des processus de veille intégrés à des projets développés, notamment, en mode agile (Goria, 2020) ou dans un cadre d’apprentissage (Pinte, 2005 ; Knauf et Falgas 2020). Mentionnons également les recherches qui portent sur les implications liées à l’apparition de nouvelles formes de protection informationnelle relevant par exemple du règlement général de la protection des données (RGPD), du mouvement Open Source ou des différentes formes de licence libre et, plus largement, les mutations des pratiques et des processus de veille engendrées par le numérique (Pech, 2019).

Compte tenu de ces évolutions, il semble utile de réinterroger la veille, dans ses multiples formes, pratiques, processus, stratégies au regard des sciences de l’information et de la communication. Ce dossier vise à identifier et analyser les ancrages de la veille dans le champ des sciences de l’information et de la communication. Il s’intéresse ainsi aux méthodologies, théories et épistémologies mobilisées par les SIC pour étudier les usages, les pratiques, les méthodes, les dispositifs propres à la veille.

Il s’agit d’aborder la veille selon une approche centrée sur l’usager et son environnement et non sur l’apport de nouvelles solutions techniques qui sont régulièrement abordées dans la littérature scientifique. Ce numéro doit également permettre de repositionner les travaux sur la veille par rapport à son histoire, mettre en évidence l’actualité de cette pratique et présenter de nouvelles perspectives de recherche la concernant. Les contributions attendues à ce numéro porteront sur la veille sous l’angle des SIC et pourront s’inscrire, de manière non limitative, dans les différents champs suivants :

  • les nouvelles formes et les nouveaux acteurs,

  • l’impact des contextes crise, sanitaire, e-réputation, cybercriminalité, manipulation des données de masse, désinformation, etc. sur les pratiques de veille,

  • les enjeux info-communicationnels, organisationnels et culturels,

  • la perception de la part de ses experts comme du grand public,

  • son processus au regard des changements sociétaux,

  • ses dispositifs socio-techniques et pédagogiques,

  • ses dispositifs de médiation relevant de la gestion de communautés en ligne,

  • sa place dans la gestion et la communication de crise,

  • l’évolution des publications dédiées à la veille selon les domaines et les pays,

  • ses textes fondateurs et les concepts qui lui sont associés (intelligence économique et territoriale, organisation des connaissances, systèmes d’information et outils d’aide à la décision, gestion des risques informationnels, renseignement, etc.).

Comité de lecture (en cours de constitution)

C. Alloing, UQAM, Montréal

C. Bourret, Dicen IdF, Université Gustave Eiffel

F. Bouthillier, McGill University, Montréal

L. Desmoulins, Dicen IdF, Université Gustave Eiffel

B. Epron, Hautes école de gestion, Genève

A. Lezon, Paragraphe, Université de Paris 8

H. Lrhoul, École des sciences de l’information, Rabat

C. Marcon, Cerege, Université de Poitiers

D. Maurel, EBSI, Université de Montréal

N. Moinet, Cerege, Université de Poitiers

D. Reymond, IMSIC, Université de Toulon

B. Simonnot, Crem, Université de Lorraine

F. Thiault, PREFics, URFIST de Rennes

Sélection des propositions

La sélection des propositions de contribution se fait en deux temps :

  • sur la base d’un résumé de 1 500 à 2 000 mots qui présentera les objectifs, l’argumentation et l’originalité de la proposition ainsi que quelques orientations bibliographiques,

  • pour les résumés retenus, une seconde évaluation sera réalisée sur la base des articles définitifs.

Les instructions aux auteurs sont disponibles sur le site de la revue : https://journals.openedition.org/edc/668

L’évaluation sera assurée de manière anonyme par au moins deux lecteurs du comité.

L’envoi des résumés au format Word (.docx) ou OpenDocument (.odt) se fait au plus tard le 15 février 2022 aux adresses suivantes :

Les propositions d’articles et les articles définitifs d’une longueur de 35 000 à 40 000 signes (espaces, notes de bas de page et bibliographie compris) peuvent être soumis en français ou en anglais. Les articles définitifs sont publiés en français pour la version papier du numéro de la revue, français (et le cas échéant en anglais) pour la version électronique. Aucun engagement de publication ne peut être pris avant la lecture du texte complet.

Calendrier

  • 15 février 2022 : soumission des résumés pour évaluation

  • 15 avril 2022 : notification de l’acceptation ou du refus

  • 15 septembre 2022 : soumission de la version complète des articles

  • 15 décembre 2022 : réception des versions définitives des articles

  • Juin 2023 : publication du dossier dans le numéro 60 d’Études de Communication

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